www.solidarite-france-chine.net

Solidarité France-Chine

Mouvements Sociaux et Droits de l'Homme en Chine
Identification
Login
Mot de passe
ARTICLES
par Alain Bouc

 

                                                  LES DROITS DE L’HOMME EN CHINE

 


LES PROMESSES DE LA CHINE N’ENGAGENT PERSONNE

En mai 2005, l’État chinois a obtenu un siège à la Commission des Droits de l’Homme des Nations unies. Il avait affirmé pour y parvenir que le gouverne-ment s’engageait à « promouvoir et protéger les droits de l’homme et les liber-tés fondamentales du peuple chinois » et ajoutait « le gouvernement chinois respecte l’universalité des droits de l’homme et soutient les Nations unies en jouant un rôle important dans la protection et la promotion des droits de l’homme ».
Ce n’était pas cher payé pour la place obtenue et la communauté internationale s’en est satisfaite. Sur place, la cause des droits de l’homme ne s’est en rien améliorée. Après cette victoire au contraire, les pouvoirs locaux, la police, les tribunaux ont pu continuer de violer le droit sans vergogne. Cette répression a même pris un aspect préventif : il faut à tout prix éviter des incidents lors des Jeux olympiques de 2008 et les autorités ont donc entrepris de faire le ménage et de réduire au silence les activistes.
Les règlements sur la presse, nationale et internationale, réprimeront les récits non autorisés de manifestations, d’épidémies ou d’affrontements avec la poli-ce ; l’agence Xinhua sera le seul distributeur d’informations pour les agences étrangères travaillant en Chine. Les sites Internet ou les forum de discussion trop libres sont fermés. Les chefs de file de la lutte pour les droits civiques sont l’objet de pressions incessantes, emprisonnés ou placés sous surveillance, eux ou leur famille. L’accusation « incitation à la subversion du pouvoir d’État », qui peut naître de toute contestation organisée d’une décision officielle, fait planer la menace d’un emprisonnement de longue durée ; tout comme celle de « divulgation de secrets d’État » à l’encontre des journalistes. Les activités re-ligieuses doivent se dérouler dans le cadre officiel, sous peine d’être déclarées subversives.
L’assemblée générale des Nations unies pourrait suspendre de la Commission à une majorité des deux tiers tout pays qui violerait les droits de l’homme d’une manière grossière et systématique. Une telle majorité est-elle envisageable, alors que la politique de Beijing est de s’entendre avec les régimes les plus dé-testables, sur la base de la « non-ingérence dans les affaires intérieures » ?

 


APRES UN AN ET DEMI DE PARUTION DE CE BULLETIN, NOUS SOUHAITONS VIVEMENT AVOIR VOS REACTIONS QUANT AU CONTENU, A LA FORME ET A L’USAGE POSSIBLE DE CE TEXTE. NOUS N’EN RECEVONS JAMAIS, CE QUI NOUS DESOLE ET NOUS PORTE A NOUS INTERROGER SUR L’UTILITE DE CE TRAVAIL.


Les rubriques suivies dans ce numéro sont

•    Libertés de l’information.Liberté de manifestations
•    Démocratie. Liberté religieuse.
•    Mouvements populaires
•    Condition ouvrière
•    Questions des minorités

(Les dates figurant en début de rubrique sont celles de la diffusion des derniè-res informations ; celles des faits sont dans le texte, lorsqu’elles sont différen-tes. Les chiffres donnés en euros équivalent au montant en yuan, sur la base d’un euro pour dix yuan).



1.    LIBERTE DE L’INFORMATION ; LIBERTE DE MANIFESTATION


20 décembre. Liu Jianhua, sociologue de l’Académie des Sciences, arrêté en même temps que le journaliste Ching Cheong, a été condamné le 18 décembre à vingt ans de prison pour divulgation de secrets d’État. Il lui est reproché d’avoir écrit des articles pour Ching, que celui-ci aurait communiqué à une fondation de Taiwan. Liu Jianhua collaborait depuis longtemps avec le Straits Times de Singapour qui employait Ching Cheong. Les activités d’espionnage de la fondation n’ont jamais été démontrées et le terme « secret d’Etat » ne donne lieu à aucune définition. (South China Morning Post)

17 décembre. L’Association des Journalistes de Hongkong a recueilli 1812 si-gnature demandant la mise en liberté pour raisons médicales du journaliste Ching Cheong. Le correspondant à Hongkong du Straits Times de Singapour, arrêté le 22 avril 2005 à Guangzhou, avait fait appel du jugement qui le condamnait à cinq ans de prison pour « espionnage » au profit de Taiwan et cet appel avait été rejeté le 24 novembre. En fait, Ching aurait essayé d’obtenir des transcriptions d’entretiens avec l’ancien Premier ministre Zhao Ziyang qui avait manifesté en 1989 sa sympathie pour les manifestants de Tiananmen
Le Conseil législatif de Hongkong a demandé à l’unanimité le 13 décembre au chef de l’exécutif local d’obtenir la libération le plus vite possible. Les courants favorables au gouvernement chinois au sein du Conseil ont, eux aussi, soutenu la motion tout en la fondant essentiellement sur des considérations médicales et humanitaires. (B.B.C. : The Standard)

17 décembre. Condamné en 1999 pour avoir dénoncé un scandale de corrup-tion, Gao Qinrong a retrouvé la liberté le 7 décembre, cinq ans avant le terme de sa peine. A l’issue de son emprisonnement de sept ans, Gao redoute les me-naces proférées par les officiels du Shanxi qu’il avait dénoncés dans son enquê-te sur un projet d’irrigation ; il a demandé une protection spéciale. Un de ses co-accusés a d’ailleurs été frappé par des voyous le jour même de sa libération en 2003.
Les autorités chinoises ont sans tarder pris des mesures à son encontre. Le nom du journaliste a disparu des réseaux Internet chinois (Sohu, Sina, Baidu, voire Google). Les accusations de Gao, qui circulent sur Internet, vérifiées ou non, sont parfois d’une grande portée : selon le site dissident Boxun, Ling Jihua, alors secrétaire de l’actuel chef de l’État Hu Jintao, aurait reçu dix millions de yuan pour arrêter Gao  Qinrong. (China Digital Times ; Reporters sans frontières)

15 décembre. Selon le dernier rapport du Comité de protection des journalis-tes (C.P.J.), la Chine vient en tête des pays répressifs, avec trente et un journa-listes emprisonnés. Le contrôle du réseau Internet, largement utilisé par les journalistes, facilite la surveillance des dissidents éventuels. Dix-neuf journa-listes chinois travaillant sur Internet sont aujourd’hui en prison, dont Shi Tao, lauréat du Prix international de la Liberté de la presse décerné par le C.P.J.. Ce dernier a été condamné à dix ans de prison pour avoir exposé dans un courrier électronique les directives du Ministère de la propagande quant à la manière de couvrir l’anniversaire du massacre de Tiananmen (4 juin 1989). (I.F.E.X.)

2 décembre. Le tribunal a rejeté le 1er décembre l’appel présenté par le journa-liste du New York Times Zhao Yan, condamné en août à trois ans de prison pour fraude (et non pour divulgation de secrets d’État, comme le lui reprochait initialement l’accusation). Il se serait livré en 2001 à un chantage financier sur un fonctionnaire du Jilin ; mais il a toujours nié avoir perçu le moindre argent. Le premier procès s’est déroulé à huis-clos car il s’agissait de secrets d’État ; la seconde décision n’a pas donné lieu à comparution. Zhao Yan a déjà passé deux ans en prison. Son arrestation est survenue peu après son annonce du retrait politique de l’ancien président Jiang Zemin. (South China Morning Post)

25 novembre. L’exposition organisée à Beijing sur les droits de l’homme (17-24 novembre. Cf. bulletin précédent) avait pour objectif officiel « le respect et la promotion des droits de l’homme et la construction d’une société harmonieu-se ». Elle s’est accompagnée de quelque quatre cents arrestations, des pétition-naires étant parvenus malgré le cordon policier à y pénétrer pour y distribuer des tracts. (B.B.C. ; Apple Daily)

2.    DEMOCRATIE. LIBERTE RELIGIEUSE.

27 décembre. Deux avocats de Chen Guangchen (condamné à quatre ans et trois mois de prison pour avoir dénoncé les avortements et stérilisations forcés du bureau de planning familial de Linyi) ont été violemment agressés au petit matin du 27 décembre. Li Fangping et Li Jinsong voyageaient dans un bus en compagnie de deux autres avocats, défenseurs d’un des témoins au procès de Chen. Huit voyous ont renversé le véhicule et frappé les deux hommes à la tête avec des barres de métal. Selon les avocats, l’affaire a été ourdie par les autori-tés locales dans le dessein de les intimider ; le déplacement en bus aurait été or-ganisé par le juge lui-même. La police, appelée par téléphone, ne s’est pas dé-placée. (Chinese Human Rights Defenders)
(Voir plus bas, l décembre au sujet du procès de Chen Guangcheng)

22 décembre. L’avocat militant des droits de l’homme, Gao Zhisheng, a été condamné le 27 décembre à trois ans de prison assortis de cinq ans de sursis, ce qui en principe signifie qu’il n’est plus détenu. Cette décision relativement clémente est sans doute le résultat des sympathies et soutiens qui s’étaient ex-primés sur les plans national et international.
Gao Zhisheng avait  secrètement comparu le matin du 12 décembre devant un tribunal de Beijing pour activités subversives. La cour avait désigné pour le dé-fendre deux avocats dont le nom est inconnu. Ces informations proviennent de son épouse, Geng He, fournies après une entrevue avec l’avocat Mo Shaoping.
Ce dernier, choisi comme défenseur par le frère de Gao Zhisheng, n’avait pas été informé de cette comparution et n’a pas eu le droit de s’y rendre Ce refus serait fondé sur le fait que le cas concernerait de « secrets d’État ». D’autre part, le juge affirme, contre toute vraisemblance, que Gao a admis les charges de subversion et refusé l’assistance d’un avocat.
Gao Zhisheng avait perdu le droit d’exercer sa profession après avoir critiqué l’attitude du gouvernement envers le mouvement Falungong ; il avait entamé ensuite une grève de la faim en protestation contre le traitement réservé par la police aux avocats et militants des droits civiques. (China Information Cen-ter ; Laogai Research Foundation ; Radio Free Asia)

16 décembre. Wang Mingwei, prédicateur d’une église non officielle, a été ar-rêté le 16 décembre sans que personne en soit officiellement averti.  La veille, un tribunal de Hangzhou (Zhejiang) avait annonçé la comparution, le 22 dé-cembre, de huit dirigeants chrétiens, inculpés pour avoir organisé en juillet une manifestation contre la démolition d’une église à moitié construite à Xiaoshan. Six de ces inculpés ont été détenus pendant plus de quatre mois.
Un journaliste, Zan Aizong, qui avait rapporté cette dernière affaire sur Inter-net, devait comparaître le 19 décembre à Hangzhou pour avoir « répandu des rumeurs ». Cet ancien correspondant de la publication China Ocean News avait perdu son poste en août pour avoir critiqué sur son blog la décision de démolition. (South China Morning Post)

9 décembre. Les autorités locales du parti ont demandé aux assez nombreux fonctionnaires et journalistes membres du Lions Club de Shenzhen (Guang-zhou) de se retirer du Club ou de ne pas renouveler leur adhésion. Elles cher-cheraient ainsi à se prémunir d’infiltration externe. Les contrevenants seront sanctionnés. Les médias sont invités à moins couvrir les activités du club. (B.B.C. ; Ming Pao) 

1 décembre. Le tribunal du district de Yinan (Shandong) a confirmé le ler dé-cembre la peine de quatre ans et trois mois de prison prononcée contre Chen Guangcheng. Chen avait dénoncé les pratiques abusives des officiels de Linyi au regard de la restriction des naissances. La condamnation du juriste aveugle se fonde sur les dégâts prétendument causés à la propriété publique lors d’une manifestation organisée en février 2006 dans le village de Shigu et sur la congestion du trafic qui en avait résulté.
Quatre témoins clés, sur lesquels comptait s’appuyer la défense, ont été enlevés par des individus non identifiés, devant l’avocat Teng Biao. Ce dernier, retenu par la police, n’avait pu assister Chen Guangcheng. L’autre avocat, Li Jinsong, quitta le tribunal pendant un quart d’heure pour protester contre la disparition des témoins. Les deux défenseurs s’étaient heurtés à une trentaine de personnes lorsqu’ils avaient voulu recueillir des informations dans le village de Dongshi-gu où habite Chen Guangcheng. (B.B.C. ; Agence Xinhua ; South China Morning Post)

30 novembre. Deux évêques du Hebei, Feng Xinmao et Li Lianggui, respecti-vement de Hengshui et de Cangzhou, ont été contraints d’assister le premier décembre à une ordination d’évëque à Xuzhou (Jiangsu), ordination non re-connue par le pape. (Radio Free China)

25 novembre. Un membre du parti démocratique, Chi Jianwei, a été arrêté le 18 octobre, après découverte chez lui de documents émanant du groupe Falun-gong. Sa famille n’a été informée de l’arrestation que le 21 novembre. Elle af-firme que Chi Jianwei n’est pas membre du Falungong et que ces documents lui viennent d’un de ses amis. Le détenu ne trouve pas d’avocat en raison du caractère épineux du dossier. (B.B.C. ; South China Morning Post)

23 novembre. Arrestation  le 18 octobre à Kashi (Xinjiang) de Tian Maishi, chrétienne et enseignante d’anglais en retraite, pour « évangélisation illégale » et « activités superstitieuses frauduleuses ». (Radio Free China)

3.    MOUVEMENTS POPULAIRES


9 décembre. Les villageois de Nanhai (Guangdong) demandent la remise en liberté de huit paysans détenus depuis plus de cinq mois par la police, après leurs manifestations contre la saisie de leurs terres en mai 2005. Ils sont accu-sés de chantage. Le procès prévu pour octobre dernier a été reporté. Début dé-cembre, un autre affrontement s’est produit lorsque trente voyous recrutés pour l’occasion se sont emparés d’un terrain supplémentaire. La bagarre aurait fait plusieurs blessés chez les villageois. (South China Morning Post)

5 décembre. Cinq des manifestants hostiles à la construction d’une usine de manganèse ont comparu le 5 décembre devant un tribunal de Daxin (Province du Guangxi). Commencée dans les années soixante, l’extraction de manganèse de Lei (district de Daxin, au Guangxi) avait causé de gros dommages à l’environnement. Le nouveau chantier de l’unité d’électrolyse, ouvert en août 2005, se trouve à moins de cent mètres des habitations.

En juin dernier, mille villageois s’étaient rassemblés sur le site, empêchant la construction ; en même temps, ils exposaient les dégâts de la pollution et leurs exigences quant à l’indemnisation pour les terrains accaparés. Les autorités lo-cales envoyèrent quelques centaines de policiers et arrêtèrent une douzaine de manifestants. Le tribunal devait rendre son jugement vers la fin du mois. (Agence Kyodo)

4 décembre. Deux mille pétitionnaires, paysans et employés extérieurs à la capitale, se sont rassemblés le 4 décembre à Beijing devant le bâtiment de la té-lévision centrale, demandant à rencontrer les journalistes au sujet de la corrup-tion et des confiscations de terres. Un grand nombre d’entre eux ont été arrêtés et emmenés dans un centre de détention situé au sud de la capitale. La police aurait frappé certains d’entre eux. (Agence Kyodo)

3 décembre. Le projet d’établir un site pour pandas près de Chengdu (Si-chuan) a donné lieu à des affrontements entre villageois et policiers. Les paysans de Huilong refusent de céder leurs terrains contre les indemnités trop faibles qui leur sont allouées. Ils suspectent un détournement de trente millions de yuan alors que vingt millions seulement ont été répartis. Ils ont manifesté dans les rues de Huilong mais se sont heurtés aux forces locales qui les ont frappés et ont passé les menottes à ceux d’entre eux qui portaient des pétitions aux autorités. (China Digital Times ; Liu Si Tian Wang)

2 décembre. Vingt-quatre villageois de Lunjiao (agglomération de Shunde, province du Guangdong) avaient pris en otages deux membres de familles de cadres le 30 novembre. Ils contestaient le calcul des indemnités de réquisition et l’accaparement non autorisé de terrains. Ils ont été détenus par la police pour trouble  à la production de l’entreprise. Ils avaient aussi creusé un tunnel à l’entrée de l’entreprise pour contraindre la société à tenir ses engagements. Six d’entre eux ont été relâchés le lendemain, cependant que les deux otages re-couvraient la liberté. Les autres manifestants sont restés détenus pour interro-gatoire. (Wen Wei Po)

4.    CONDITION OUVRIERE

21 décembre. Vingt-quatre patrons de mine ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à onze ans de détention pour deux inondations qui avaient tué 151 personnes en 2005 (mine de Daxing au Guangdong, le 7 août, 121 morts ; mine Ji’an au Jilin, le 24 avril, trente morts). Le nombre total des décés dans les accidents de mine s’élève à 5.948 en 2005. (Agence Xinhua) .

13 décembre. Une explosion a fait douze morts dans la mine d’État Yumin de Hengyang (Hunan). L’administration a fermé la mine. (Agence Xinhua)

6 décembre. Un accident survenu dans la petite mine Anpig, agglomération de Lianyuan (Hunan) a fait douze morts le 3 décembre. Les dirigeants se sont enfuis ainsi que certains cadres. Les autorités avaient retiré le permis d’exploitation et décidé de la fermeture de la mine avant l’accident. (Agence Xinhua)

5 décembre. Deux explosions de gaz ont tué trente-quatre mineurs dans le district de Jixi (Heilongjiang), la première à la mine Yuanhua de Hengshan,, la seconde à la mine Chengjin. Les autorités ont révoqué deux dirigeants. Elles avaient décidé la fermeture des sites pour raison de sécurité mais la production avait continué de façon illégale. Plusieurs dirigeants et propriétaires des mines ont disparu. (Agence Xinhua)

2 décembre. Une explosion survenue dans la mine Changyuan de Qujing, district de Fuyuan (Yunnan) a fait 32 morts et 28 blessés le 25 novembre. Dans la semaine précédente, les accidents miniers avait tué une centaine de personnes. (Agence Xinhua)

30 novembre. Une explosion a fait onze morts dans une mine à Tanshanling (agglomération de Wuwei, province du Gansu) le 29 novembre. L’accident ré-sulte de l’ouverture d’un passage interdit par le vice-directeur de la mine, le-quel est mort avec dix autres salariés. Le patron de la mine et deux directeurs adjoints ont été arrêtés. (Agence Xinhua)

5.    QUESTION DES MINORITES

1 décembre. Après l’élection de Rebiya Kadeer à la présidence du Congrès mondial ouighour, le 26 novembre à Munich, la répression s’est intensifiée contre les membres de sa famille. Le même jour, un de ses fils, Ablikim Abdi-riyim, a quitté sur un civière le centre de détention après avoir été battu. Le lendemain, un autre fils, Alim Abdiriyim, a été condamné à d’énormes amen-des et à sept ans d’emprisonnement pour fraude fiscale ; un autre enfant, Kahar Abdiriyim, a aussi été condamné.
Détenue depuis 1999 pour fait d’opinion, Rebiya Kadeer a été libéré en mars 2005 pour raisons médicales. Elle est partie pour les Etats-Unis, où elle n’a cessé de recevoir des menaces quant au sort réservé à ses proches si elle pour-suivait ses actions en faveur de la cause ouighoure.  (F.I.D.H.)

 


INFORMATIONS DIVERSES



(Nous regroupons sous cette rubrique des informations qui, sans toucher directement aux droits de l’homme, éclairent sur la diversité des tensions de la société chinoise)

17 décembre. Le Ministère du personnel annonce la venue de trente mille ex-perts en 2007, dans les domaines où les nationaux font défaut. Dix mille se-raient des experts économiques et techniques ; vingt mille, des spécialistes de l’éducation, de la santé ou de branches scientitiques. Jusqu’à présent, la Chine a accueilli quatre cent mille experts et a envoyé quarante mille spécialistes na-tionaux pour formation à l’étranger. Depuis 1978, quatre cent mille étudiants chinois sont partis à l’étranger et cent mille sont revenus au pays. Les départs depuis 1996 sont de 26.658 étudiants. (Agence Xinhua)

9 décembre. Selon le Ministère des terres et des ressources, plus de trente-cinq millions de Chinois vivent sous la menace de catastrophes géologiques, le plus souvent dans des régions éloignées. Une étude aurait dénombre 230.000 sites à risques dans quelque mille zones et villes de montagne. Les décès liés à ces ca-tastrophes étaient environ un millier en l’an 2000, chiffre en diminution sur les années précédentes (Agence Xinhua).

9 décembre. Le nombre des incidents de masse s’est élevé à 87.000 en 2005, en progression de 6,6% sur l’année précédente et de 50% sur 2003. Pour prévenir les affrontements, le Ministère de la Sécurité demande de la retenue dans le déploiement des forces de police, dans l’usage des armes et dans le recours à la force lors des incidents de masse. (Agence Xinhua).

8 décembre. Selon l’Académie des Sciences sociales, vingt-cinq millions de ci-tadins chercheront du travail en 2007 mais dix millions seulement en trouve-ront. La privatisation des entreprises d’État aurait fait plus de cinq millions de chômeurs et les réformes à venir en feraient 3,6 millions de plus dans les trois ans à venir. Il resterait plus de cent millions de personnes sans emploi ou sans emploi suffisant dans les zones rurales. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale estime que 1.400.000 diplômés ne trouveront pas de travail à la fin de leurs études l’année prochaine. (Agence Xinhua)

6 décembre. Selon la société Baidu, le nombre des bloggers s’élevait début no-vembre à 19,87 millions, en progrès de 24% sur les chiffres de l’année précé-dente. Les sites sont approvisionnés en moyenne tous les 7,6 jours ; trois mil-lions écrivent plus fréquemment. L’enregistrement des blog est nominatif ; l’envoi de commentaires doit aussi être signé d’un nom véritable. (Agence Xinhua)

6 décembre. Selon un responsable de la Commission pour le contrôle et la ges-tion de la propriété publique, il existe 161 entreprises d’État gérées par le gou-vernement central (196 en 2003). Ce chiffre sera ramené à quatre-vingts ou cent en 2010. (Agence Xinhua)

5 décembre. Les autorités devaient reconnaître en fin d’année la faillite  de quelque cinq cents entreprises d’État. Selon la Commission de la propriété pu-blique, deux mille autres devraient cesser leurs  activités avant 2008 ; 619 fer-metures ont d’ores et déjà été approuvées. (Agence Xinhua)

30 novembre. Dans les mines chinoises, le taux de mortalité est de cinq mi-neurs par million de tonnes de charbon extraites pour les grandes mines et de 9,1 dans les petites mines. Le taux de mortalité indien est de 0,5 selon Wright, auteur d’un livre publié en 2004 par Cambridge University Press. (Reporters sans frontières)

 

Sources d’information :
Agence France-presse, Agence Xinhua, Amnesty International, Apple Daily, B.B.C., China Information Center, China Labour Bulletin, Chine-se Human Rights Defenders, Confédération internationale des syndi-cats libres, DaJiyuan (La Grande Epoque), Fondation Duihua, Human Rights in China, I.F.E.X. (Echange international de la liberté d’expression), Kyodo News Agency, Laogai Research Foundation, Ming Pao, Radio Free Asia, Radio Free China, Reporters sans Frontiè-res, South China Morning Post, The Standard, Wen Wei Po.


Cet article est également disponible en